Chapitre 8-2 – Banquisia
Elilim : Nous sommes arrivés au meilleur lieu pour ressusciter Rintam, le temple du printemps.
Gron : C’est étonnant, il y a des plantes comme le framboisier et le blé qui poussent ici.
Elilim : Une des caractéristiques du temple du printemps est qu’il bénéficie d’un micro climat très agréable.
Gron : Qu’est-ce qui provoque ce prodige ?
Elilim : La magie d’un des doubles de Cérumane.
Gron (angoissé) : Oh non, Cérumane rime avec quête dangereuse.
Elilim (dépité) : Je sais, mais nous n’avons pas le choix. Nous allons devoir satisfaire Cérumane, si nous voulons redonner vie à Rintam.
Le temple du printemps, constituait une prouesse d’architecture, il mesurait une taille gigantesque, il pouvait accueillir toute la population d’une petite nation. De plus il n’offrait pas que de la place, il disposait de réserves gigantesques de nourriture. Des milliers d’agriculteurs et de jardiniers travaillaient dans le sanctuaire. Ils n’entretenaient pas seulement des plantes ayant des qualités alimentaires pour les hommes. Ils s’occupaient aussi de végétaux utiles pour les animaux. Le sortilège du roi-démon refroidissant le monde de Banquisia ne serait pas éternel.
Certains calculèrent que d’ici un siècle, l’enchantement de froid se dissipera. La fonction principale du temple consistait à préparer le retour d’une vie abondante, à permettre un jour que les forêts luxuriantes de Banquisia redeviennent une réalité. Le sanctuaire naturel contenait comme animaux surtout des insectes et des oiseaux. Il servait surtout à gérer la flore, par contre il existait une autre structure baptisée palais de l’été, qui prenait en charge la réintroduction des animaux.
Le temple s’avérait un des derniers bastions scientifiques du monde de Banquisia. En effet la plupart des autres communautés subirent une régression technologique élevée. Le cataclysme provoqué par le froid profita à des passéistes, qui incitèrent les gens à abandonner le travail du fer, du verre et les vêtements en tissu, pour se tourner vers la pierre et le bois.
Le temple était intégralement fait dans un métal orange spécial, un matériau qui regorgeait d’énergie magique, et contribuait à adoucir le climat à l’échelle locale. Il y avait quelques sculptures de scientifiques illustres pour agrémenter la décoration, mais le principal élément architectural venait plutôt des colonnes qui rappelaient l’art gréco-romain.
Cérumane : Il est très rare que des voyageurs viennent ici, que voulez-vous étrangers ?
Elilim : Nous souhaiterions ressusciter le dénommé Rintam, il est vital pour la survie du monde de Gerboisia.
Cérumane : Je sens que vous avez de nobles intentions, mais je n’accepte de rendre service que si l’on m’aide en retour. Je veux en échange du droit de bénéficier de la protection du temple, que vous me rapportiez une corne de requin perceur.
Elilim : Vous demandez à ce que nous prenions un risque énorme. N’y a-t-il pas une épreuve moins mortelle que vous auriez envie de proposer ?
Cérumane : J’ai une alternative, il faudra simplement avec un marteau et un burin, faire au moins un milliard de statues à mon effigie.
Elilim : Vous demandez l’impossible, il faudra plusieurs millions d’années pour faire ce que vous exigez.
Cérumane : Non je ne pense pas, si vous prenez un bon coup de main, en huit cents mille à neuf cents mille ans vous devriez accomplir votre travail.
Gron : Laissez-moi parlementer monsieur Elilim, je suis un négociateur habile.
Elilim : J’ai l’impression que cela va être épique mais soit, je vous laisse faire Gron.
Gron : Un milliard de statues de vous-même monsieur Cérumane, c’est beaucoup trop, je propose d’en faire huit cents millions.
Cérumane : Dans ce cas que diriez-vous d’un milliard cent millions de statues ?
Gron : Neuf cents millions.
Cérumane : Un milliard.
Gron : Marché conclu. Je suis certain que vous êtes ébahi par mes capacités de marchandage, n’est-ce pas monsieur Elilim ?
Elilim (ironique) : En effet Gron vous êtes un sacré négociateur.
Gron (très content) : Ouah je savais que j’étais doué pour marchander, mais je serais carrément sacré d’après vous, digne d’un culte religieux. C’est trop d’honneur.
Mignon (exaspéré) : Continuez comme cela Gron et vous ferez connaissance avec monsieur baffe.
Gron (sincère) : Ce monsieur baffe c’est un prêtre qui veut organiser un culte en l’honneur de mes facultés de négociateur ?
Mignon et Elilim choisirent de laisser Gron délirer et de se concentrer sur l’essentiel.
Elilim : Monsieur Cérumane serait-il toujours possible de tenter la quête du requin perceur ?
Cérumane : Si vous voulez, cependant il y a une limite de temps, vous n’avez que dix heures devant vous.
Gron : Avant cela il faut faire une chose plus urgente !
Elilim : Et quoi donc Gron ?
Gron (ton un peu méprisant) : C’est simple pourtant, utiliser la catapulte de Cérumane.
Elilim (las) : Si vous voulez Gron, mais pas plus d’un tir.
Le double de Cérumane voulait une corne de requin perceur dans le but de frimer, il espérait faire croire qu’il était un chasseur redoutable. Il adorait s’attribuer les exploits des autres, et il n’aimait pas risquer sa vie, c’était pourquoi il chargeait des gens de quêtes dangereuses. La raison de la limite de dix heures dans la chasse au requin perceur, venait du fait que le double aimait bien imposer des conditions défavorables. Pour faire simple il appréciait de créer des embêtements. Dix heures pour attraper un requin perceur s’avérait un court délai. Vu que certains pêcheurs expérimentés mettaient plus d’une année, pour tuer un seul poisson de ce type.
Pour corser les choses, le matériel de pêche au requin que possédait Elilim l’archimage elfe et ses camarades n’était pas très complet. Il se composait d’une scie pour couper la glace, de trois harpons enduits de poison et, d’un peu de viande d’ours. Le poisson carnassier n’était pas très friand de la viande d’ours, il préférait la chair de baleine ou de dauphin. En outre l’archimage et ses deux compagnons maniaient avec peu de dextérité le harpon, ils s’entraînèrent une heure avant de partir, mais les résultats ne furent pas très probants.
Gron ne touchait jamais la cible, l’elfe visait neuf fois sur dix à côté. Quant à Mignon bien qu’il se débrouille mieux que ses deux compères, son manque d’expérience se faisait sentir. Le requin perceur ne disposait que d’une petite partie de son corps qui se trouvait vulnérable au harpon, il s’agissait du bout de sa queue. En général pour arriver à toucher le point faible de ce poisson redoutable, il fallait une chance insolente et une expérience qui se comptait en décennies. En pratique seul un pêcheur sur cent arrivait au cours de sa carrière à tuer un requin.
Autrement dit aux probabilités faibles de trouver un requin perceur à temps, il fallait ajouter les chances dérisoires d’arriver à le blesser, et les possibilités insignifiantes de survivre à la colère du poisson touché. Mais Elilim et ses camarades patrouillaient quand même sur une couche de glace très épaisse supportant sans problème le poids de plusieurs personnes.
Elilim : Quelqu’un parmi vous s’y connait en matière de pêche au requin ?
Gron : J’ai entendu dire qu’il fallait du sang pour attirer les requins. Alors voici mon plan on prend un papier et on marque le nombre cent dessus, et on voit ce que cela donne.
Elilim : Gron, vous êtes nul, vous êtes un zéro.
Gron : Mais c’est une super nouvelle ça !
Elilim : Pardon ?
Gron (joyeux) : Si je suis un zéro comme il me manque le chiffre un et un autre zéro, je ne pourrais pas jouer le rôle d’appât en faisant le cent.
Gron le collectionneur de baffes, venait de subir une nouvelle gifle de la part d’Elilim.
Elilim : Bon redevenons sérieux, Mignon avez-vous des aptitudes de pêcheur ?
Mignon : Oui, mais je n’ai pas de canne à pêche.
Elilim : Voilà mon plan, je jette deux sorts sur vous Mignon, un qui vous permette de voir clairement sous l’eau, et l’autre de respirer comme un poisson, et vous partez à la pêche au requin perceur.
Mignon : Le plan n’est pas mauvais mais il contient deux failles, ce serait bien d’ajouter un sort qui protège du froid, et un enchantement qui aide à nager. La température de l’eau doit être glaciale, de plus sans l’aide de la magie dans l’eau mes mouvements seront ralentis.
Elilim : Vous avez raison, je suis parfois très distrait.
Gron : Je crois que ce serait bien d’avoir de la viande pour servir d’appât.
Elilim : Gron, vous avez une bonne idée, c’est un miracle avec un grand m. Mais que se passe t-il ?
Un requin perceur se mit à s’attaquer à la glace où se trouvait Elilim et ses compagnons dans le but de transpercer ses proies. C’était un spécimen massif de quarante mètres de long, un mâle de grande taille. Rejoindre la terre ferme serait une tentative idiote, il y avait plus d’une heure de marche avant de retrouver un sol fait de neige et terre. Donc il semblait plus judicieux de lutter, même si Elilim doutait de triompher du poisson géant. Il se concentra quand pour invoquer un véritable brasier pour essayer de blesser le requin, de son côté Mignon dégaina son épée, tandis que Gron se sentit un besoin pressé de faire l’inventaire du matériel pour ne pas avoir à combattre. Mais le combat contre le requin tourna très rapidement court car un ennemi envoya un éclair magique foudroyant le poisson.
Alice : Vous allez mourir tous les trois, ma nouvelle épée me rend terriblement forte.
Mignon : Que faites-vous ici Alice ?
Alice : Je devais vous poursuivre pour prouver à mes sujets que ceux qui se moquent de moi n’ont pas d’échappatoire. Je vais vous tuer avec ma nouvelle épée magique.
Il ne fallut que deux secondes à Alice, pour neutraliser Mignon le berserker. Ce dernier s’élança à une vitesse surnaturelle, mais il fut quand même cueilli durant son assaut par une boule de feu qui le blessa gravement.
Elilim l’archimage elfe s’avérait partagé par des émotions contradictoires. Il hésitait sur la conduite à tenir. Il pouvait recourir à des sorts offensifs, ou bien ériger une protection défensive pour se protéger lui et Gron le gobelin. La négociation ne semblait pas un choix envisageable, vu la lueur de démence qui existait dans les yeux d’Alice. Celle-ci subissait vraisemblablement une envie terrible de verser le sang.
Après une seconde de réflexion, Elilim opta pour la défense, il était désolé pour le berserker mais il avait besoin de gagner un peu de temps pour réfléchir à un plan. Problème les sorts protecteurs de l’archimage ne gênaient pas beaucoup Alice. Cette dernière ralentissait, mais elle s’approchait de plus en plus de l’elfe. Le bouclier de lumière blanche ne faisait que gêner sa vitesse de marche, ne produisait sur elle aucun dégât. Au moment où il allait lever son harpon dans l’intention de transpercer son antagoniste, une idée farfelue traversa Elilim.
Un dilemme s’engagea dans l’esprit de l’archimage. Ainsi l’elfe prit peur d’être ridicule, de salir sa mémoire, s’il cédait à son délire. Cependant d’un autre côté puisqu’il ne disposait plus que d’une carte à jouer, il se jeta à l’eau. Il espérait que la coquetterie réputée extrême chez Alice alliée à son esprit dérangé, produiraient une occasion favorable.
Elilim : Vous avez un cheveu blanc.
Alice : Quelle horreur, il faut que je me teigne tout de suite ma chevelure.
Elilim avait poussé son adversaire à laisser tomber par terre une épée redoutable, mais il n’avait pas forcément gagné la partie. Il se prépara quand même à balancer un sort de flammes pour se débarrasser d’Alice. Même si ce geste signifierait probablement des conséquences tragiques pour l’archimage. En effet Elilim constata un écart de puissance très grand sur le plan des capacités magiques en faveur d’Alice. Mais il pensait que vu qu’il était le seul du groupe encore d’attaque et désireux de se battre, il n’avait pas le choix, il lui faudrait participer. Même si cela impliquait qu’il reçoive de la part d’Alice une riposte terrible et sanglante.
Elilim : Boule de feu majeure brûle mon ennemi.
Alice : Argh, je me vengerais.
Normalement Elilim n’aurait pas dû triompher de son ennemie. Mais il remarqua que son adversaire n’avait pas de fourreau pour ranger son épée, et que l’arme si elle produisait un gain de puissance, se doublait aussi d’une malédiction quand elle n’était pas au contact de la main d’un ennemi. En effet quand Alice ne tenait pas son épée, elle devenait beaucoup plus vulnérable, son potentiel surnaturel déclinait très sévèrement. Elle s’équipa d’un objet en partie maudit, qui exerçait un attrait sur de nombreuses personnes de par ses propriétés positives, mais jouant aussi très souvent de mauvais tours.
Elilim l’archimage soigna d’urgence Mignon le berserker qui était dans un triste état. Le berserker en avait pour plusieurs mois de convalescence, avant de se remettre complètement du sort de feu qu’il subit. L’archimage retrouva Gron qui fit preuve d’un grand courage, en laissant ses compagnons se débrouiller seuls face au paladin, et en cédant à une pulsion brutale de ranger des objets. Elilim exigea une explication de la part de Gron pour son manque d’investissement contre Alice.
Elilim : Alors qu’est-ce qui justifie votre lâcheté Gron ?
Gron : Euh quand je suis confronté à un adversaire très puissant, j’ai une maladie cardiaque qui se déclenche. La seule façon de la calmer est de faire un inventaire écrit des objets de valeur en ma possession chez moi et mes compagnons.
Elilim : C’est débile comme argument !
Gron : Justement non, cela augmente mes chances de survie. Si je rends un service à l’ennemi en lui permettant de tirer le maximum de profit grâce au vol, il sera de bonne humeur et mieux disposé à m’épargner.
Elilim (exaspéré) : Et la prochaine fois que moi et Mignon nous rencontrons un adversaire puissant, vous allez faire quoi ? Masser les épaules de nos ennemis ?
Gron (indigné) : Certainement pas !
Elilim (surpris) : Il y a donc un peu de dignité en vous ?
Gron : Ce genre de tactiques attendra que je me sois équipé d’un escabeau portatif. Ce n’est pas facile de masser quelqu’un debout tout en sautant.
Elilim : Rah je craque !
L’elfe et Mignon avaient pensé que Gron pourrait masser sans l’aide d’un escabeau les ennemis en leur demandant de s’asseoir. Mais les deux compères avaient suffisamment honte comme cela, ils ne voulaient pas faciliter les délires de Gron autour du massage. Donc tous deux choisirent de se taire.
Comme Elilim était content d’avoir triomphé, il ne houspilla pas trop sévèrement Gron durant le voyage de retour vers le temple.
Cérumane : Vous avez été lents, je vous ai surestimés, heureusement je vous avais donnés une fourchette de temps large.
Gron : Désolé mais nous n’avons pas de fourchette sur nous. Par contre il y a une cuillère en bois qui me semble récente dans mon sac.
Cérumane : Si vous continuez à vous moquer de moi, je vous oblige à l’avaler votre cuillère, jusqu’à ce vous vous étouffiez à mort avec.
Gron : Non je ne pense pas, je suis endurant et ma cuillère est petite. Je crois que je peux l’ingérer sans subir de désagrément. Je vous le prouve d’ailleurs. Agh, ugh.
Elilim : Mignon tenez Gron, pendant que j’extrais la cuillère de sa gorge. Voilà la cuillère, Gron vous êtes sauvé.
Cérumane : Ce n’est pas possible, vous avez monté un numéro de comiques ensemble.
Elilim : Non Gron est juste un champion de la bêtise. Il est capable des pires âneries possibles et imaginables.
Gron : Vous avez raison, j’ai commis une stupidité.
Elilim : C’est bien d’être conscient de ses faiblesses Gron.
Gron : J’ai fait honte aux avaleurs de cuillère avec ma mauvaise performance, allez je recommence.
Elilim (colérique) : Il suffit Gron.
Gron renonça à son idée à coup de baffes.
Cérumane : Quoiqu’il en soit vous pouvez ressusciter Rintam dans le temple du printemps.
Avant d’exécuter le grand rituel magique destiné à redonner la vie à Rintam, Elilim posa des questions au gobelin.
Elilim : Qui a conçu le bel oiseau mécanique que tu entretiens méticuleusement. ?
Gron (fier) : C’est moi !
Elilim : Si tu dis la vérité, je te trouve impressionnant.
Gron : Posez moi des questions sur l’ingénieurie.
Elilim se livra pour une fois à une discussion non farfelue avec Gron. Il devait reconnaître que les connaissances théoriques de son interlocuteur étaient poussées dans le domaine mécanique, mais il doutait toujours que le gobelin soit un inventeur digne de ce nom. Elilim finit par reporter par plus tard le débat, car il avait une ressurection à préparer. Il se rendit dans une petite chapelle du temple pour appeler l’âme de Rintam de l’au-delà et lui donner un nouveau corps. L’endroit avait une température agréable et se caractérisait par ses nombreuses gravures de blé et de maïs sur les murs gris en pierre.
Elilim : Que l’âme de Rintam revienne près de nous et réintègre un nouveau corps. Par la puissance du sac du Néant, qu’un miracle s’accomplisse.
Là où il n’y avait pas de cadavre, de la cendre apparut, une petite motte grise grandit progressivement, puis sa nature se modifia. Elle devint plus organique, elle vira au rose. Elle adopta l’aspect d’une silhouette humaine. Ensuite elle se remplit de sang et d’os, de chair et de muscles. Enfin la dépouille morte rayonna de vitalité, ses yeux s’ouvrirent, et le trépassé poussa un cri de victoire.
Rintam : Hourra ! Je suis de nouveau en vie. Mais que ? Je sens un terrible danger !
Uphir : Vous êtes ressuscité pour mourir bientôt Rintam, c’est une situation triste. Mais d’abord je vais vous conduire tous les quatre auprès de mon maître.
Elilim et ses compagnons voulurent résister, mais Uphir les immobilisa d’une pensée, il n’eut même pas besoin de parler pour paralyser ses adversaires. Ensuite il se transporta lui et ses proies dans un enfer. Il s’agissait d’un endroit très rouge, le sol, les murs, la végétation et le ciel adoptait de manière uniforme une teinte rouge sombre.
Rintam et ses compagnons se trouvaient dans la prison des mille tortures, un lieu avec des milliers de cachots humides et puants. Cette zone d’enfermement avait eu tellement de gens suppliciés, que le nombre de victimes dépassait la quantité de briques utilisées pour construire l’immense prison. Uphir s’approcha avec un sourire malsain de Rintam, attaché à des chaînes reliées à un mur.
Rintam (colérique) : Aïe, pourquoi me piquez-vous Uphir avec une de vos griffes ?
Uphir : Pour recueillir quelques gouttes de votre sang. Mon maître a l’intention de jouer avec vous, mais il tient à prendre des précautions. Je vous donne rendez-vous dans deux heures.
